Classement des gouverneurs : Morena creuse l’écart et renforce sa position territoriale
Claudia Sheinbaum voit son approbation progresser, huit des dix gouverneurs les mieux évalués sont issus de Morena et le parti arrive en tête du scénario législatif dans 31 des 32 États. La sécurité, le narcotrafic et la corruption restent les principales exigences des citoyens.
8 636 entretiens réalisés · 32 États · Marge d’erreur ±1,34 % · Terrain du 18 au 23 septembre 2026.
Téléchargez ici l’enquête complète et consultez tous les résultats du Ranking Rubikon México de septembre 2026 (en espagnol).
Le Ranking Rubikon México de septembre, deuxième édition de l’étude, dessine un paysage politique plus net que celui observé un mois plus tôt. Le parti au pouvoir progresse simultanément sur plusieurs indicateurs : l’approbation présidentielle augmente, Morena accroît son identification partisane, élargit sa part dans les scénarios électoraux et conserve une présence dominante parmi les gouverneurs les mieux évalués. La tendance ne se concentre donc pas sur une seule figure ou une seule question ; elle apparaît de manière transversale à différents niveaux de la mesure.
Ce renforcement coexiste toutefois avec des citoyens mexicains qui identifient avec précision où se situent leurs principales demandes. L’insécurité et le narcotrafic reviennent en tête de l’agenda public, tandis que la lutte contre la corruption reste le domaine de la gestion fédérale au solde le plus défavorable. Septembre dépeint un électorat capable d’accompagner politiquement le gouvernement tout en maintenant un regard critique sur des problèmes concrets qu’il juge non résolus. Cette coexistence entre soutien et exigence est probablement la clé principale pour interpréter le mois.
Sécurité : le principal problème et la plus forte amélioration du mois
22,6 % des Mexicains désignent l’insécurité et la violence comme le principal problème du pays ; 19,8 % citent le narcotrafic et le crime organisé. Au total, 42,4 % placent ces problèmes au-dessus de toute autre préoccupation. La corruption arrive ensuite avec 19,2 %, suivie de la situation économique et du coût de la vie avec 11,6 %, puis du manque d’emplois et des faibles revenus avec 10,2 %.
La sécurité enregistre aussi la plus forte progression dans l’évaluation de la gestion fédérale : son solde s’améliore de 5,2 points par rapport à août, passant de −13,8 à −8,6. Le mouvement est favorable, même si l’évaluation reste négative. La perception s’améliore, mais le sujet demeure au centre des exigences citoyennes.
Sheinbaum : le soutien progresse et le portefeuille suit
L’approbation de Claudia Sheinbaum passe de 52,4 % en août à 55,3 % en septembre, soit une hausse de 2,9 points. Avec une désapprobation de 40,1 %, le solde favorable atteint +15,2 points. La mesure montre un élargissement du soutien présidentiel sur la période observée.
La perception de la situation économique personnelle offre une lecture complémentaire. 58 % estiment aller aussi bien ou mieux qu’il y a un an, contre 39 % qui se disent aussi mal ou moins bien. Ces proportions sont proches de celles de l’approbation et de la désapprobation présidentielles. Cette concordance aide à interpréter le climat du mois, sans pour autant permettre d’attribuer le soutien au gouvernement au seul portefeuille.
Les programmes sociaux tiennent ; la corruption reste en suspens
Les programmes sociaux sont le principal atout de la gestion fédérale : ils recueillent 71,5 % d’évaluations positives contre 25,7 % de négatives, soit un solde de +45,8 points. L’écart avec les autres domaines montre le poids que conserve la politique sociale dans l’évaluation citoyenne.
L’économie et l’emploi atteignent un solde légèrement positif de +0,5 et la relation avec les États-Unis enregistre +5,5. En revanche, la sécurité et la criminalité restent à −8,6 et la lutte contre la corruption affiche −26,8, le solde le plus négatif des six domaines évalués.
Cinq des six domaines s’améliorent par rapport à août. Le soutien politique général et l’évaluation de problèmes concrets évoluent toutefois sur des plans différents : des citoyens qui approuvent la présidente peuvent rester critiques sur la sécurité ou la corruption.
Morena concentre l’identification, avec un large segment non défini
Morena atteint 41,0 % d’identification partisane, près de quatre fois les 10,3 % du PAN. Movimiento Ciudadano enregistre 9,0 % et le PRI 7,0 %. En ajoutant le PT et le PVEM, l’identification aux forces du bloc au pouvoir s’élève à 43,3 %.
L’autre chiffre important est celui des 29,1 % qui ne déclarent aucune identification précise : 18,6 % ne s’identifient à aucun parti et 10,5 % répondent ne pas savoir. Ce segment dépasse les 26,3 % que réunissent ensemble le PAN, MC et le PRI. Sa taille compte pour le prochain cycle électoral, même si l’absence d’identification n’équivaut pas automatiquement à une disponibilité pour une force d’opposition.
Le rejet ajoute une autre dimension. Le PRI affiche la proportion la plus élevée de personnes qui affirment ne jamais voter pour lui, avec 47,5 % ; suivent le PAN avec 33,3 % et Morena avec 29,9 %. MC présente le rejet le plus faible, avec 15,9 %. Identification et rejet permettent de distinguer la base actuelle de chaque parti des limites qu’il rencontre pour progresser.
Chambre des députés 2027 : avantage du parti au pouvoir et indécision notable
Morena arrive en tête des intentions de vote pour la Chambre des députés avec 39,6 %. Le PAN et Movimiento Ciudadano sont pratiquement à égalité, avec respectivement 11,2 % et 11,1 % ; le PRI atteint 8,1 %. 13,1 % ne savent pas encore pour qui ils voteraient : une proportion supérieure à celle de tout parti autre que Morena.
Morena, le PT et le PVEM totalisent 43,0 %, contre 30,4 % pour le PAN, le PRI et MC réunis, soit un écart de 12,6 points. Il s’agit d’une comparaison arithmétique entre forces politiques ; elle ne suppose pas d’alliance entre les partis d’opposition.
Outre les indécis, 6,3 % déclarent qu’ils annuleraient leur vote ou voteraient blanc et 6,2 % affirment qu’ils n’iraient pas voter. La disposition déclarée à participer est élevée : 56,2 % assurent qu’ils voteront certainement et 27,0 % qu’ils le feront probablement. Cette intention décrit le moment de l’enquête et ne constitue pas une estimation de la participation effective.
Les gouverneurs : la marque Morena et les différences de gestion
Eduardo Ramírez Aguilar, du Chiapas, conserve la première place du classement avec 65,5 % d’approbation. Il est suivi d’Alfonso Durazo, du Sonora, avec 63,0 %, et de Javier May, du Tabasco, avec 61,7 %. Tous trois appartiennent à Morena, qui occupe les six premières places et huit des dix positions les mieux évaluées.
Le Top 10 comprend également Clara Brugada, Miguel Ángel Navarro, Delfina Gómez, Américo Villarreal et Alfredo Ramírez Bedolla. Mauricio Kuri, du PAN, occupe la septième place et Manolo Jiménez, du PRI, la dixième.
La stabilité du trio de tête contraste avec le mouvement dans le reste du tableau : 11 gouverneurs gagnent des places, 16 en perdent et cinq restent à la même position. Le Tamaulipas gagne 12 places et Clara Brugada en gagne quatre. La Basse-Californie du Sud et le Yucatán enregistrent des baisses d’approbation de plus de neuf points ; le Zacatecas ferme la marche.
La force territoriale du parti se vérifie aussi dans l’élection législative : Morena arrive en tête des intentions de vote dans 31 des 32 États, y compris là où ses gouverneurs reçoivent des évaluations moins favorables. Querétaro fait exception. Le soutien à la marque partisane dépasse les différences entre ses gouvernements.
La comparaison avec Sheinbaum exige d’examiner chaque État séparément, plutôt que de confronter des pourcentages étatiques à son approbation nationale. Dans cette ventilation, la présidente dépasse l’approbation du gouverneur ou de la gouverneure dans 31 États. L’exception est à nouveau Querétaro.
Harfuch creuse son avance en vue de 2030
Omar García Harfuch atteint 34,2 % de préférence assistée parmi les aspirants possibles de Morena, contre 8,1 % pour Marcelo Ebrard et 7,7 % pour Clara Brugada. Harfuch augmente sa part par rapport à août, tandis qu’Ebrard perd 3,3 points et que Brugada se situe à moins d’un point de la deuxième place.
Sa position est renforcée par son image : il enregistre 62,8 % d’opinions positives et 20,5 % de négatives, soit un solde de +42,3 points, le plus élevé parmi les figures nationales mesurées. Son avance parmi les aspirants du parti au pouvoir coïncide ainsi avec une évaluation personnelle largement favorable.
Qu’une figure associée à la sécurité se distingue au moment où ce thème concentre la demande citoyenne est un élément à suivre. L’enquête ne permet pas d’établir de relation causale entre ces deux données. Elle ne clôt pas non plus la compétition interne : 22,1 % ne choisiraient aucun des noms proposés, 12,3 % ne savent pas encore et 13,9 % choisissent un autre aspirant.
L’opposition : des figures fortes et des partis aux défis différents
Jorge Álvarez Máynez, avec 21,2 %, et Luis Donaldo Colosio, avec 14,0 %, arrivent en tête des préférences parmi les aspirants de l’opposition proposés. Tous deux appartiennent à Movimiento Ciudadano. Suivent Ricardo Anaya avec 10,2 %, Ricardo Salinas Pliego avec 9,6 %, Xóchitl Gálvez avec 5,8 % et Alejandro Moreno avec 3,0 %.
MC combine des figures bien placées et le rejet partisan le plus faible, mais cette force coexiste encore avec une identification de 9,0 %. Le PAN conserve la deuxième identification individuelle la plus élevée, mais fait face à un rejet de 33,3 %. Le PRI réunit une base plus réduite et le rejet le plus élevé. Les défis pour élargir l’électorat sont différents pour chaque force.
Dans le scénario présidentiel hypothétique, Morena et ses alliés atteignent 43,4 %, contre 17,8 % pour l’option PAN-PRI et 14,5 % pour MC. Même additionnées, les deux options d’opposition réunissent 32,3 %, en dessous du parti au pouvoir. Cette somme sert à mesurer l’écart actuel, sans préjuger de la réaction de l’électorat face à une éventuelle candidature commune.
Ce que nous laisse septembre
Un chiffre revient dans la position du parti au pouvoir : 43,3 % d’identification partisane, 43,0 % d’intention de vote législative et 43,4 % dans le scénario présidentiel de 2030. La proximité entre ces indicateurs montre la cohérence du soutien actuel. S’agissant de questions différentes, cela ne constitue pas un plancher électoral garanti.
L’avantage est large et étendu sur le territoire. Son évolution restera liée à des citoyens qui conservent des demandes concrètes : la sécurité s’améliore sans cesser d’être la principale préoccupation, les programmes sociaux gardent une évaluation très favorable et la corruption demeure le principal chantier en suspens.
Le Ranking Rubikon continuera d’observer comment s’articulent le soutien politique, l’évaluation de la gestion et les préférences électorales. À cette distance de 2027 et de 2030, les mesures permettent de suivre les tendances et les espaces de compétition. Leur valeur tient au film que construisent les mois.
FICHE TECHNIQUE
Enquête nationale menée auprès de résidents du Mexique en âge de voter. 8 636 entretiens réalisés entre le 18 et le 23 septembre 2026, couvrant les 32 États. Marge d’erreur déclarée pour l’ensemble de l’échantillon national : ±1,34 %, avec un niveau de confiance de 95 %.
Le terrain a été mené en continu par échantillonnage aléatoire stratifié en ligne. L’échantillon a été constitué à partir d’un panel professionnel en ligne certifié, combiné à un recrutement ciblé sur les réseaux sociaux et à des filtres de qualité géographiques, d’âge, de niveau d’études et de participation politique récente. Le questionnaire était auto-administré et optimisé pour mobiles et ordinateurs, avec une durée moyenne de réponse de huit minutes.